Liturgie › jeudi 10 décembre 2026
Office des lectures
jeudi 10 décembre 2026 — France · Jeudi
OFFICE DES LECTURES
Si ce n'est pas le premier office du jour
V/ Dieu, viens à mon aide.
R/ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
HYMNE (qui peut être remplacée par l'hymne de l'office dit immédiatement après l'office des lectures)
Voici le temps du long désir
Où l’homme apprend son indigence,
Chemin creusé pour accueillir
Celui qui vient combler les pauvres.
Pourquoi l’absence dans la nuit,
Le poids du doute et nos blessures,
Sinon pour mieux crier vers lui,
Pour mieux tenir dans l’espérance ?
Et si nos mains, pour t’appeler,
Sont trop fermées sur leurs richesses,
Seigneur Jésus, dépouille-les
Pour les ouvrir à ta rencontre.
L’amour en nous devancera
Le temps nouveau que cherche l’homme ;
Vainqueur du mal, tu nous diras :
Je suis présent dans votre attente.
ou l'autre : voir CHOIX D'HYMNES
PSALMODIE
Ps. 43. Prière du peuple de Dieu, livré à ses ennemis
En tout cela, nous sommes les grands vainqueurs, grâce à celui qui nous a aimer. Rm 8, 37
I
Ant. Debout ! Viens à notre aide, rachète-nous en raison de ton amour.
2 Dieu, nous avons entendu dire, +
et nos pères nous ont raconté, *
quelle action tu accomplis de leur temps,
aux jours d'autrefois.
3 Toi, par ta main, tu as dépossédé les nations, +
et ils purent s'implanter ; *
et tu as malmené des peuplades,
et ils purent s'étendre.
4 Ce n'était pas leur épée qui possédait le pays, +
ni leur bras qui les rendait vainqueurs, *
mais ta droite et ton bras, et la lumière de ta face,
car tu les aimais.
5 Toi, Dieu, tu es mon roi, *
tu décides des victoires de Jacob :
6 avec toi, nous battions nos ennemis ;
par ton nom, nous écrasions nos adversaires.
7 Ce n'est pas sur mon arme que je compte,
ni sur mon épée, pour la victoire.
8 Tu nous as donné de vaincre l'adversaire,
tu as couvert notre ennemi de honte.
9 Dieu était notre louange, tout le jour :
sans cesse nous rendions grâce à ton nom.
(Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.)
II
10 Maintenant, tu nous humilies, tu nous rejettes,
tu ne sors plus avec nos armées.
11 Tu nous fais plier devant l'adversaire,
et nos ennemis emportent le butin.
12 Tu nous traites en bétail de boucherie,
tu nous disperses parmi les nations.
13 Tu vends ton peuple à vil prix,
sans que tu gagnes à ce marché.
14 Tu nous exposes aux sarcasmes des voisins,
aux rires, aux moqueries de l'entourage.
15 Tu fais de nous la fable des nations ;
les étrangers haussent les épaules.
16 Tout le jour, ma déchéance est devant moi,
la honte couvre mon visage,
17 sous les sarcasmes et les cris de blasphème,
sous les yeux de l'ennemi qui se venge.
(Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.)
III
18 Tout cela est venu sur nous sans que nous t'ayons oublié : *
nous n'avions pas trahi ton alliance.
Notre cœur ne s'était pas détourné
et nos pieds n'avaient pas quitté ton chemin
20 quand tu nous poussais au milieu des chacals
et nous couvrais de l'ombre de la mort.
21 Si nous avions oublié le nom de notre Dieu,
tendu les mains vers un dieu étranger,
22 Dieu ne l'eût-il pas découvert,
lui qui connaît le fond des cœurs ?
23 C'est pour toi qu'on nous massacre sans arrêt,
qu'on nous traite en bétail d'abattoir.
24 Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ?
Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours.
25 Pourquoi détourner ta face,
oublier notre malheur, notre misère ?
26 Oui, nous mordons la poussière,
notre ventre colle à la terre.
27 Debout ! Viens à notre aide !
Rachète-nous, au nom de ton amour.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. Debout ! Viens à notre aide, rachète-nous en raison de ton amour.
V/ Écoutez, tous les peuples, la parole du Seigneur,
annoncez-la aux îles lointaines.
DU LIVRE D'ISAÏE 26, 7-21
Ardente prière d'espérance
Dans la prière et l'espérance, nous attendons que le Seigneur apporte à son peuple la plénitude de la vie. Déjà la venue du Christ a relevé le monde de la mort.
Il est droit, le chemin du juste ; toi qui es droit, tu aplanis le sentier du juste. Oui, sur le chemin de tes jugements, Seigneur, nous t’espérons. Dire ton nom, faire mémoire de toi, c’est le désir de l’âme.
Mon âme, la nuit, te désire, et mon esprit, au fond de moi, te guette dès l’aurore. Quand s’exercent tes jugements sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice.
Si l’on fait grâce au méchant, il n’apprend pas la justice ; perfide sur la terre de probité, il ne voit pas la majesté du Seigneur.
Seigneur, ta main est levée : ils ne l’aperçoivent pas ; mais ils percevront, pleins de honte, ta passion pour le peuple. En vérité, le feu les dévorera, celui que tu destines à tes ennemis !
Seigneur, tu nous assures la paix : dans toutes nos œuvres, toi-même agis pour nous. Seigneur notre Dieu, d’autres maîtres que toi ont dominé sur nous, mais de toi seul nous faisons mémoire, de ton seul nom.
Ceux-là sont morts, ils ne revivront pas ; ce sont des ombres, ils ne se relèveront pas : voilà pourquoi tu interviens, tu les extermines, tu effaces jusqu’à leur mémoire.
Tu as fait grandir la nation, Seigneur, tu as fait grandir notre nation, tu en es glorifié, tu as repoussé toutes les limites du pays.
Seigneur, dans la détresse on a recours à toi ; quand tu envoies un châtiment, on s’efforce de le conjurer. Nous étions devant toi, Seigneur, comme la femme enceinte sur le point d’enfanter, qui se tord et crie dans les douleurs.
Nous avons conçu, nous avons été dans les douleurs, mais nous n’avons enfanté que du vent : nous n’apportons pas le salut à la terre, nul habitant du monde ne vient à la vie. Tes morts revivront, leurs cadavres se lèveront. Ils se réveilleront, crieront de joie, ceux qui demeurent dans la poussière, car ta rosée, Seigneur, est rosée de lumière, et le pays des ombres redonnera la vie.
Va, mon peuple, rentre dans tes maisons, ferme sur toi les portes ; cache-toi un court instant, pendant que passe la colère. Car voici le Seigneur qui sort de son lieu saint pour châtier la faute des habitants de la terre ; la terre laissera voir le sang versé et ne recouvrira plus ses victimes.
R/ Ta rosée, Seigneur, est une rosée de lumière,
la terre donnera la vie aux ombres.
Dans le chemin de tes jugements, nous t'espérions.
Ton nom et ta mémoire sont le désir de l'âme.
Les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu,
ceux qui l'auront entendue vivront !
LECTURE PATRISTIQUE de la mémoire, ou du jour :
SERMON DE SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE SUR L'INCARNATION
L'amour désire voir Dieu
Dieu, voyant le monde ravagé par la crainte, agit sans cesse pour le rappeler à lui avec amour, le solliciter par la grâce, le soutenir par la charité, et l'envelopper de tendresse. Voilà pourquoi il a purifié la terre qui vieillissait dans le péché par le châtiment du déluge ; il appelle Noé à engendrer un monde nouveau ; il le sollicite par d'affectueuses paroles, il lui donne confiance par sa familiarité, il l'instruit paternellement des événements présents, il le réconforte par la grâce en vue des épreuves futures. Il ne lui commande pas, mais en le faisant participer à son œuvre, il enferme dans l'arche tout l'avenir du monde, afin que cette association aimante chasse la crainte servile, et que cet amour commun conserve ce qui avait été sauvé par une œuvre commune.
Voilà pourquoi il appelle Abraham à sortir du paganisme, il anoblit son nom, il en fait le père de la foi ; il l'accompagne dans son voyage, il le protège des étrangers, il l'enrichit ; il en fait un vainqueur, il lui donne le gage de ses promesses, il le fait échapper aux outrages ; il devient aimablement son hôte, il l'émerveille en lui donnant un descendant qu'il n'espérait plus ; afin que comblé de tant de bienfaits, choyé par une telle douceur d'amour divin, il apprenne à aimer Dieu, non à le craindre ; à l'honorer en l'aimant, non en le redoutant.
Voilà pourquoi il réconforte par des songes Jacob fuyant son frère, il le provoque au combat lors de son retour, il le terrasse en l'étreignant comme fait un lutteur, afin qu'il aime le père qui lutte avec lui, au lieu de le craindre.
Voilà pourquoi il appelle Moïse dans sa langue maternelle, il l'interpelle avec la tendresse d'un père, il l'invite à être le libérateur de son peuple. ~
Mais à cause de tous ces faits que nous avons rappelés, où la flamme de l'amour divin embrase les cœurs, où l'ivresse de l'amour de Dieu se répand dans tous les sentiments de l'homme, certains, de leur âme blessée, ont voulu voir Dieu par leurs yeux de chair. Dieu que le monde ne peut contenir, comment le regard humain, si étroit, pouvait-il le saisir ? Mais le code de l'amour ne considère pas ce que celui-ci peut être, ce qu'il doit et ce qu'il peut faire. L'amour ignore le jugement, il manque de raison, il ignore la mesure. L'amour ne se laisse pas consoler par l'impossibilité, il n'admet pas que la difficulté soit un remède.
L'amour, s'il n'obtient pas l'objet de ses désirs, détruit celui qui aime, et c'est pourquoi il va là où il se laisse entraîner, non là où il doit aller. L'amour engendre le désir, s'enflamme d'ardeur, son ardeur le porte au-delà de ce qui lui est accordé. À quoi bon insister ?
Il est impossible que l'amour ne voie pas ce qu'il aime ; voilà pourquoi tous les saints ont jugé sans valeur tout ce qu'ils avaient obtenu, s'ils ne voyaient pas le Seigneur. Voilà pourquoi l'amour qui désire voir Dieu, s'il manque de jugement, a pourtant une piété ardente.
Voilà pourquoi Moïse ose dire : Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, montre-moi ton visage. Et le psalmiste : Montre-moi ton visage. Enfin, c'est pour cela que les païens ont fabriqué des idoles : afin de voir de leurs yeux, au milieu de leurs erreurs, ce qu'ils adoraient.
R/ Toute chair saura,
que le Seigneur est notre Sauveur !
Montre-nous ton visage,
et nous serons sauvés.
Dieu lève-toi sur les cieux :
que ta gloire domine la terre !
Ton amour vaut mieux que la vie.
Tu seras la louange de mes rêves.
ORAISON (qui est omise si l'office des lectures est dit immédiatement avant un autre office)
Réveille nos cœurs, Seigneur,
pour préparer les chemins de ton Fils unique,
afin que, par son avènement,
nous puissions te servir d'un esprit purifié.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
ACCLAMATION (dans la célébration privée on peut l'omettre)
V/ Bénissons le Seigneur.
R/ Nous rendons grâce à Dieu.