Liturgie › Liturgie des Heures

9e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE

(29/V — 10/VI)

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Vendredi

Lectures

OFFICE DES LECTURES

Si ce n'est pas le premier office du jour

V/ Dieu, viens à mon aide.

R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,

pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

HYMNE (qui peut être remplacée par l'hymne de l'office dit immédiatement après l'office des lectures)

Dieu caché,
Tu n'as plus d'autre Parole

Que ce fruit nouveau-né

Dans la nuit qui t'engendre à la terre ;

Tu dis seulement

Le nom d'un enfant :

Le lieu où tu enfouis ta semence.

R/ Explique-toi par ce lieu-dit :
Que l'Esprit parle à notre esprit

Dans le silence !

Dieu livré,

Tu n'as plus d'autre Parole

Que ce corps partagé

Dans le pain qui te porte à nos lèvres ;

Tu dis seulement :

La coupe du sang

Versé pour la nouvelle confiance.

R/ Explique-toi par ce lieu-dit :
Que l'Esprit parle à notre esprit

Dans le silence !

Dieu blessé,

Tu n'as plus d'autre Parole

Que cet homme humilié

Sur le bois qui t'expose au calvaire !

Tu dis seulement :

L'appel déchirant

D'un Dieu qui apprendrait la souffrance. R/

Dieu vaincu,

Tu n'as plus d'autre Parole

Que ces corps décharnés

Où la soif a tari la prière ;

Tu dis seulement :

Je suis l'innocent,

A qui tous les bourreaux font violence. R/

Dieu sans voix,

Tu n'as plus d'autre Parole

Que ce signe levé,

Edifié sur ta pierre angulaire !

Tu dis seulement :

Mon peuple est vivant,

Debout, il signifie ma présence. R/

Dieu secret,

Tu n'as plus d'autre Parole

Que ce livre scellé

D'où l'Agneau fait jaillir ta lumière.

Tu dis seulement

Ces mots fulgurants :

Je viens! J'étonnerai vos patiences !

R/ Explique-toi par ce lieu-dit :
Que l'Esprit parle à notre esprit

Dans le silence !

PSALMODIE

Ps. 34. Contre l'injuste persécuteur

Ils réunirent et tinrent conseil pour arrêter Jésus par ruse et le faire mourir. Mt 26, 3-4

I

Ant. Lève-toi, Seigneur ! Viens à mon aide.

1 Accuse, Seigneur, ceux qui m'accusent,
attaque ceux qui m'attaquent. *

2 Prends une armure, un bouclier,
lève-toi pour me défendre.

3 Parle et dis-moi :
« Je suis ton salut. »

9 Pour moi, le Seigneur sera ma joie, *
et son salut, mon allégresse !

10 De tout mon être, je dirai :
« Qui est comme toi, Seigneur, *

pour arracher un pauvre à plus fort que lui,

un pauvre, un malheureux, à qui le dépouille. »

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.

Ant. Lève-toi, Seigneur ! Viens à mon aide.

II

Ant. Tire-moi de ce désastre, Seigneur !

11 Des témoins injustes se lèvent,
des inconnus m'interrogent. *

12 On me rend le mal pour le bien :
je suis un homme isolé.

13 Quand ils étaient malades,
je m'habillais d'un sac, +

je m'épuisais à jeûner ; *

sans cesse, revenait ma prière.

14 Comme pour un frère, un ami,
j'allais et venais ; *

comme en deuil de ma mère,

j'étais sombre et prostré.

15 Si je faiblis, on rit, on s'attroupe, +
des misérables s'attroupent contre moi : *

des gens inconnus

qui déchirent à grands cris.

16 Ils blasphèment, ils me couvrent de sarcasmes, *
grinçant des dents contre moi.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.

Ant. Tire-moi de ce désastre, Seigneur !

III

Ant. Tout le jour, je me redirai ta justice.

17 Comment peux-tu voir cela, Seigneur ? *
Tire ma vie de ce désastre, délivre-moi de ces fauves.

18 Je te rendrai grâce dans la grande assemblée, *
avec un peuple nombreux, je te louerai.

19 Qu'ils n'aient plus à rire de moi,
ceux qui me haïssent injustement ! *

Et ceux qui me détestent sans raison,

qu'ils cessent leurs clins d'œil !

22 Tu as vu, Seigneur, sors de ton silence !
Seigneur, ne sois pas loin de moi !

23 Réveille-toi, lève-toi, Seigneur mon Dieu,
pour défendre et juger ma cause !

27 A ceux qui voulaient pour moi la justice,
rires et cris de joie ! *

Ils diront sans fin : « Le Seigneur triomphe,

lui qui veut le bien de son serviteur. »

28 Moi, je redirai ta justice *
et chaque jour ta louange.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.

Ant. Tout le jour, je me redirai ta justice.

V/ Mon fils, garde mes paroles,
garde mes préceptes et tu vivras.

DU LIVRE DE JOB 40, 1-14 ; 42, 1-6

Job se soumet à Dieu

La lumière se fait dans l'esprit de Job : il s'avoue vaincu. Dans un premier temps, il ne connaissait Dieu que par ouï-dire, maintenant, ses yeux l'ont vu, et il comprend.

Le Seigneur s’adressa à Job et dit : « Celui qui dispute avec le Puissant va-t-il le censurer ? Celui qui critique Dieu répondra-t-il à cela ? »

Job s’adressa au Seigneur et dit : « Moi qui suis si peu de chose, que pourrais-je te répliquer ? Je mets la main sur ma bouche. J’ai parlé une fois, je ne répondrai plus ; deux fois, je n’ajouterai plus rien. »

Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit : « Ceins donc tes reins comme un homme. Je vais t’interroger, et tu m’instruiras. Veux-tu me débouter de mon droit, me condamner pour avoir raison ? As-tu un bras comme celui de Dieu, et ta voix peut-elle tonner comme la sienne ? Pare-toi donc de fierté, de grandeur, revêts-toi de splendeur et de majesté, répands les débordements de ta colère ; regarde tous les arrogants, abaisse-les ; oui, regarde tous les arrogants, terrasse-les, écrase sur place les méchants ! Cache-les ensemble dans la poussière, emprisonne-les tous dans le cachot, et moi-même, je te louerai, car alors ta droite t’aura sauvé !

Job s’adressa au Seigneur et dit : « Je sais que tu peux tout et que nul projet pour toi n’est impossible. “Quel est celui qui déforme tes plans sans rien y connaître ?” De fait, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles hors de ma portée, dont je ne savais rien. Daigne écouter, et moi, je parlerai ; je vais t’interroger, et tu m’instruiras. C’est par ouï-dire que je te connaissais, mais maintenant mes yeux t’ont vu. C’est pourquoi je me rétracte et me repens sur la poussière et sur la cendre. »

R/ Mes yeux t'on vu, Seigneur,
et je suis sans désir sur la terre.

J'ai peiné, peiné pour comprendre,

jusqu'au jour où j'entrai dans ton mystère.

Je me tais, je n'ouvre plus ma bouche,

car c'est toi qui agis.

LECTURE PATRISTIQUE de la mémoire, ou du jour :

HOMÉLIE DE BODOUIN DE FORD

Le Seigneur discerne les pensées et les intentions du cœur

Le Seigneur connaît les pensées et les intentions de notre cœur. Nul doute que lui, en effet, les connaisse toutes, mais nous, nous connaissons seulement celles qu'il nous rend manifestes par la grâce du discernement. Car l'esprit de l'homme ne sait pas toujours ce qui est en lui, et même lorsqu'il s'agit de ses pensées, qu'elles soient voulues ou non, il s'en fait une idée qui ne correspond pas toujours à la réalité. Même celles qui se présentent avec évidence au regard de son esprit, il ne les discerne pas avec précision, tant son regard est obscurci.

Il arrive souvent, en effet, pour une raison humaine ou qui relève du Tentateur, qu'on soit lancé par sa propre pensée dans ce qui n'est que l'apparence de la piété, et qui, aux yeux de Dieu, ne mérite nullement la récompense promise à la vertu. C'est qu'en effet certaines choses peuvent prendre l'aspect de vertus véritables, comme d'ailleurs de vices, et tromper les yeux du cœur. Par leurs séductions propres, elles peuvent troubler la vue de notre intelligence au point de lui faire prendre souvent pour du bien des réalités mauvaises en fait, et inversement de lui faire discerner du mal là où, en fait, il n'y en a pas. C'est là un aspect de notre misère et de notre ignorance, qu'il nous faut beaucoup déplorer et grandement redouter.

Il est écrit à ce sujet : Il est des voies qui paraissent droites à l'homme, mais qui débouchent sur l'enfer. C'est pour nous garder de ce danger que saint Jean nous exhorte en disant : Éprouvez les esprits, pour voir s'ils viennent de Dieu. Mais qui peut vérifier si les esprits viennent de Dieu, à moins d'avoir reçu de Dieu le discernement des esprits, et de pouvoir ainsi examiner avec précision et sans se tromper les pensées, les affections et les intentions de l'esprit ? Ce discernement est à la source de toutes les vertus et chacun en a besoin, soit pour conduire les autres, soit pour se diriger et s'amender soi-même. Droite est notre idée de ce qu'il faut faire, quand elle est guidée par la volonté de Dieu ; pure et bonne est notre intention, quand elle se dirige vers Dieu en toute simplicité. L'ensemble de notre vie en ce corps et de chacun de nos actes sera pénétré de lumière à condition que notre œil soit simple. Cet œil simple est vraiment tel, quand, à travers une réflexion droite, il voit ce qu'il faut faire, et quand, dans une intention pure, il passe à l'acte, simplement, et se garde de toute duplicité. La pensée droite n'accepte pas l'erreur, intention purifiée exclut le faux-semblant. Tel est le vrai discernement, en qui se rejoignent la droiture de la pensée et la pureté de l'intention.

Ainsi, tout doit se faire à la lumière du discernement, comme en Dieu, et sous le regard de Dieu.

R/ Point de ténèbre devant toi,
Lumière du monde, alléluia !

Le Fils de l'homme va venir

dans la gloire de son Père :

à chacun il rendra selon sa conduite.

Tes yeux sont une flamme ardente

qui connaît le fond des cœurs.

Scrute-moi, Seigneur, connais mon cœur,

conduis-moi sur le chemin d'éternité.

ORAISON (qui est omise si l'office des lectures est dit immédiatement avant un autre office)

Dieu éternel et tout-puissant,
comme l'enseigne l'Esprit Saint,

nous pouvons déjà t'appeler du nom de Père ;

fais grandir en nos cœurs l'esprit d'adoption filial,

afin que nous soyons capables d'entrer un jour

dans l'héritage qui nous est promis.

Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,

qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,

Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.

ACCLAMATION (dans la célébration privée on peut l'omettre)

V/ Bénissons le Seigneur.

R/ Nous rendons grâce à Dieu.