Liturgie › Liturgie des Heures
32e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE
(06/XI — 18/XI)
Sainte Élisabeth de Hongrie
Lectures
OFFICE DES LECTURES
Si ce n'est pas le premier office du jour
V/ Dieu, viens à mon aide.
R/ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
HYMNE
Là où il n'y a rien, qu'il y ait de la foi !
Là où il y a foi, qu'elle grandisse !
Là où il y a nuit, qu'il y ait comme un œil
Que Dieu forme à voir sa lumière !
Là où il y a vide et silence dans l'homme,
Que Dieu façonne ce qui l'entendra !
Là où il y a mort de l'homme à sa naissance,
Que Dieu sème ce qui vivra !
L'amour de notre Dieu est toujours au travail :
Il nous donne la vie et ses vivres,
Il nous donne l'amour pour le vivre lui-même !
Au cœur de l'homme il fait merveille !
PSAUMES et LECTURE BIBLIQUE de la férie : Vendredi | Samedi
LECTURE PATRISTIQUE
LETTRE DE CONRAD DE MARBOURG, DIRECTEUR SPIRITUEL DE SAINTE ÉLISABETH (1232)
Élisabeth se mit alors à manifester ses vertus. Toute sa vie, elle avait été la consolatrice des pauvres ; alors elle devînt entièrement le soutien des affamés : elle ordonna que, près d'un château qui lui appartenait, on construisît un hôpital, où elle recueillit beaucoup de malades et d'infirmes. Là, à tous ceux qui demandaient l'aumône, elle distribua largement les bienfaits de sa charité ; et non seulement à cet endroit, mais encore dans tout le territoire placé sous la juridiction de son mari et elle épuisa si bien tous ses revenus, provenant des quatre principautés de son mari, qu'elle finit par vendre tous ses objets de luxe et tous ses vêtements de prix au profit des pauvres.
Elle avait l'habitude de visiter personnellement tous ses malades deux fois par jour, le soir et le matin. Ainsi elle prenait soin elle-même des plus répugnants ; elle nourrissait les uns, couchait les autres, en portait certains sur ses épaules et leur rendait beaucoup d'autres services de bienfaisance. Son mari, d'heureuse mémoire, n'a jamais manifesté de mauvaise volonté à cet égard. Enfin, après la mort de son mari, pour tendre à la plus haute perfection elle me demanda en pleurant de l'autoriser à mendier de porte en porte.
Le jour du vendredi saint, comme les autels étaient dénudés, les mains posées sur l'autel d'une chapelle de sa ville, où elle avait logé des Frères Mineurs, en présence de quelques-uns d'entre eux, elle renonça à sa volonté propre, à toute vie mondaine, et à tout ce que le Sauveur dans l'Évangile, nous a conseillé d'abandonner. Cela fait, voyant qu'elle pourrait être donnée par l'agitation du siècle et la gloire mondaine de cette terre, où elle avait brillamment vécu du vivant de son mari, elle me suivit malgré moi à Marbourg ; là elle construisit un hôpital dans la ville, y recueillit les malades et les infirmes et accueillit à sa table les plus pauvres et les plus méprisés.
Malgré ces œuvres de la vie active, je le dis devant Dieu, j'ai rarement vu une femme plus contemplative. En effet, des religieux et des religieuses, comme elle sortait de l'oraison silencieuse, virent plus d'une fois son visage merveilleusement illuminé, et ses yeux rayonnant comme le soleil.
Avant sa mort, j'entendis sa confession. Comme je lui demandais ce qu'il fallait faire de sa fortune et de son mobilier, elle répondît que tout ce qu'elle paraissait posséder encore appartenait aux pauvres. Elle me pria de le leur distribuer, excepté une tunique grossière qu'elle portait et dans laquelle elle voulait être ensevelie. Ces dispositions prises, elle reçut le corps du Seigneur. Puis, jusqu'à l'heure de vêpres, elle parlait fréquemment de ce qu'elle avait entendu de meilleur dans la prédication. Ensuite, en recommandant très pieusement à Dieu toutes les personnes présentes, elle expira très doucement, comme si elle s'endormait.
R/ Ses fils se lèvent
pour la proclamer bienheureuse,
et son mari pour faire son éloge.
Elle fait le bonheur des siens
tous les jours de sa vie.
Elle étend ses mains sur le pauvre
et tend les bras à l'indigent.
Force et dignité la revêtent,
elle rit au jour qui vient.
R/ Ses fils se lèvent
pour la proclamer bienheureuse,
et son mari pour faire son éloge.
ORAISON
Dieu qui as donné à sainte Élisabeth de Hongrie
de connaître et de vénérer le Christ dans les pauvres,
accorde-nous de servir avec une inépuisable charité
ceux qui sont dans le besoin et l’affliction.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu,
qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
ACCLAMATION (dans la célébration privée on peut l'omettre)
V/ Bénissons le Seigneur.
R/ Nous rendons grâce à Dieu.