Liturgie › Liturgie des Heures
31e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE
(30/X — 11/XI)
Mercredi
Lectures
OFFICE DES LECTURES
Si ce n'est pas le premier office du jour
V/ Dieu, viens à mon aide.
R/ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
HYMNE (qui peut être remplacée par l'hymne de l'office dit immédiatement après l'office des lectures)
O toi, l'au-delà de tout,
n'est-ce pas là tout ce qu'on peut chanter de toi ?
Quelle hymne te dira, quel langage ?
Aucun mot ne t'exprime.
À quoi l'esprit s'attachera-t-il ?
Tu dépasses toute intelligence.
Seul, tu es indicible,
car tout ce qui se dit est sorti de toi.
Seul, tu es inconnaissable,
car tout ce qui se pense est sorti de toi.
Tous les êtres,
ceux qui parlent et ceux qui sont muets,
te proclament.
Tous les êtres,
ceux qui pensent et ceux qui n'ont point la pensée,
te rendent hommage.
Le désir universel,
l'universel gémissement tend vers toi.
Tout ce qui est te prie,
et vers toi tout être qui pense ton univers
fait monter une hymne de silence.
Tout ce qui demeure demeure par toi ;
par toi subsiste l'universel mouvement.
De tous les êtres tu es la fin ;
tu es tout être, et tu n'en es aucun.
Tu n'es pas un seul être,
tu n'es pas leur ensemble.
Tu as tous les noms, et comment te nommerai-je,
toi le seul qu'on ne peut nommer?
Quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées
qui couvrent le ciel même?
Prends pitié,
Ô toi, l'au-delà de tout,
n'est-ce pas tout ce qu'on peut chanter de toi? r
PSALMODIE
Ps. 88. Hymne : Dieu fidèle à la promesse faite à David
De la descendance de David, Dieu a fait sortir Jésus, le Sauveur. Ac 13, 23
I
Ant. Amour et vérité te précèdent, Seigneur !
2 L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
3 Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux.
4 « Avec mon élu, j’ai fait une alliance,
j’ai juré à David, mon serviteur :
5 J’établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges. »
6 Que les cieux rendent grâce pour ta merveille, Seigneur,
et l’assemblée des saints, pour ta fidélité.
7 Qui donc, là-haut, est comparable au Seigneur ?
Qui d’entre les dieux est semblable au Seigneur ?
8 Parmi tous les saints, Dieu est redoutable,
plus terrible que tous ceux qui l’environnent.
9 Seigneur, Dieu de l’univers, qui est comme toi,
Seigneur puissant que ta fidélité environne ?
10 C’est toi qui maîtrises l’orgueil de la mer ;
quand ses flots se soulèvent, c’est toi qui les apaises.
11 C’est toi qui piétinas la dépouille de Rahab ;
par la force de ton bras, tu dispersas tes ennemis.
12 A toi, le ciel ! A toi aussi, la terre !
C’est toi qui fondas le monde et sa richesse !
13 C’est toi qui créas le nord et le midi :
le Tabor et l’Hermon, à ton nom, crient de joie.
14 A toi, ce bras, et toute sa vaillance !
Puissante est ta main, sublime est ta droite !
15 Justice et droit sont l’appui de ton trône.
Amour et Vérité précèdent ta face.
16 Heureux le peuple qui connaît l’ovation !
Seigneur, il marche à la lumière de ta face ;
17 tout le jour, à ton nom il danse de joie,
fier de ton juste pouvoir.
18 Tu es sa force éclatante ;
ta grâce accroît notre vigueur.
19 Oui, notre roi est au Seigneur ;
notre bouclier, au Dieu saint d’Israël.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. Amour et vérité te précèdent, Seigneur !
II
Ant. Tu es le Fils de Dieu, de la race de David selon la chair.
20 Autrefois, tu as parlé à tes amis,
dans une vision tu leur as dit :
« J’ai donné mon appui à un homme d’élite,
j’ai choisi dans ce peuple un jeune homme.
21 « J’ai trouvé David, mon serviteur,
je l’ai sacré avec mon huile sainte ;
22 et ma main sera pour toujours avec lui,
mon bras fortifiera son courage.
23 « L’ennemi ne pourra le surprendre,
le traître ne pourra le renverser ;
24 j’écraserai devant lui ses adversaires
et je frapperai ses agresseurs.
25 « Mon amour et ma fidélité sont avec lui,
mon nom accroît sa vigueur ;
26 j’étendrai son pouvoir sur la mer
et sa domination jusqu’aux fleuves.
27 « Il me dira : Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !
28 Et moi, j’en ferai mon fils aîné,
le plus grand des rois de la terre !
29 « Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle ;
30 je fonderai sa dynastie pour toujours,
son trône aussi durable que les cieux.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. Tu es le Fils de Dieu, de la race de David selon la chair.
III
Ant. J'ai gardé pour toujours la dynastie de David, mon serviteur.
31 « Si ses fils abandonnent ma loi
et ne suivent pas mes volontés,
32 s’ils osent violer mes préceptes
et ne gardent pas mes commandements,
33 « je punirai leur faute en les frappant,
et je châtierai leur révolte,
34 mais sans lui retirer mon amour,
ni démentir ma fidélité.
35 « Jamais je ne violerai mon alliance,
ne changerai un mot de mes paroles.
36 Je l’ai juré une fois sur ma sainteté ;
non, je ne mentirai pas à David !
37 « Sa dynastie sans fin subsistera
et son trône, comme le soleil en ma présence,
38 comme la lune établie pour toujours,
fidèle témoin là-haut ! »
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. J'ai gardé pour toujours la dynastie de David, mon serviteur.
V/ Quand on découvre tes paroles, c'est la lumière,
et les simples comprennent.
DU 1re LIVRE DES MARTYRS D'ISRAËL 3, 1-26
Judas Maccabée
Au nom de l'Alliance, Judas Maccabée mène la guerre contre les apostats et leurs défenseurs naturels, les armées syriennes. Malgré l'infériorité de ses moyens, il ira de succès en succès, sa foi lui procurant l'énergie du désespoir, et Dieu répondant à sa prière.
Après la mort de Mattathias, son fils Judas, appelé Maccabée, se leva à sa place. Tous ses frères et tous les partisans de son père lui vinrent en aide et menèrent avec allégresse le combat pour Israël.
Judas étendit le renom glorieux de son peuple. Revêtu de son armure, comme un héros, et fort de ses armes de guerre, il livra des batailles, protégeant le camp de son épée. Tel un lion en pleine action, pareil au lionceau rugissant vers sa proie, il traquait les hommes infidèles à la Loi, il les pourchassait et livrait au feu ceux qui troublaient son peuple. Devant la crainte qu’il inspirait, les hommes infidèles à la Loi furent abaissés et tous les malfaisants, pris de panique. Par sa main advint le salut. À bien des rois il rendit la vie amère, il réjouit Jacob par ses exploits. Son souvenir est à jamais béni. Il parcourut les villes de Juda, il en extermina les impies. Il détourna la colère qui pesait sur Israël. Son nom retentit jusqu’aux extrémités de la terre et il rassembla ceux qui allaient périr.
Alors, Apollonios rassembla des païens et une troupe importante venue de Samarie, pour combattre Israël. Judas en fut informé. Il sortit à sa rencontre, le battit et le tua. Il y eut de nombreuses victimes, et les survivants s’enfuirent. On ramassa le butin, et Judas s’empara du glaive d’Apollonios, pour s’en servir tous les jours au combat. Sérone, commandant de l’armée de Syrie, apprit que Judas avait réuni autour de lui un groupe, une assemblée de fidèles, pour marcher au combat. Il se dit : « Je me ferai un nom et je me couvrirai de gloire dans le royaume. Je combattrai Judas et ses compagnons, qui méprisent l’ordre du roi. » Il partit donc à son tour, accompagné d’une forte troupe d’hommes impies, pour tirer vengeance des fils d’Israël. Tandis qu’il s’approchait de la montée de Bethorone, Judas sortit à sa rencontre avec une poignée d’hommes. À la vue de la troupe qui montait vers eux, ses hommes dirent à Judas : « Comment pourronsnous, en si petit nombre, lutter contre une foule si nombreuse et si forte ? De plus, nous sommes exténués, car nous n’avons rien mangé aujourd’hui ! » Judas leur répondit : « Il arrive facilement qu’une multitude tombe aux mains d’un petit nombre. Pour le Ciel, peu importe d’opérer le salut au moyen de beaucoup d’hommes ou seulement de quelques-uns. En effet, la victoire au combat ne dépend pas de l’importance de l’armée : c’est du Ciel que vient la force. Eux, ils viennent vers nous, débordants d’orgueil et de mépris pour la Loi, afin de nous détruire, ainsi que nos femmes et nos enfants, et de nous dépouiller de nos biens. Nous, nous combattons pour nos vies et nos lois. Le Ciel lui-même les écrasera devant nous. Ne les craignez donc pas ! »
Après ces paroles, il se rua sur eux à l’improviste. Sérone et sa troupe furent écrasés devant lui. On les poursuivit dans la descente de Bethorone, jusqu’à la plaine. Huit cents hommes environ tombèrent ; les autres s’enfuirent au pays des Philistins. Judas et ses frères commencèrent à inspirer de la crainte, et la panique s’empara des nations païennes d’alentour. Le nom de Judas parvint jusqu’aux oreilles du roi, et tous les païens commentaient ses actes de guerre.
R/ C'est du ciel que vient la force.
Ma grâce te suffit, dit le Seigneur,
car ma puissance se déploie dans la faiblesse.
Je me vanterai surtout de mes faiblesse,
afin que repose sur moi la puissance du Christ.
La folie de Dieu est plus sage que les hommes,
et la faiblesse de Dieu, plus forte, que les hommes.
LECTURE PATRISTIQUE de la mémoire, ou du jour :
CATÉCHÈSE BAPTISMALE DE SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM
La foi et les charismes
Le nom de « foi » est unique, mais il désigne deux réalités distinctes. Le premier genre de foi est celui qui se rapporte aux dogmes ; il implique l'adhésion de l'âme à un objet. Il est utile à l'âme selon la parole du Seigneur : Celui qui écoute ma parole et croit en Celui qui m'a envoyé possède la vie éternelle et il ne vient pas au jugement . Et encore : Celui qui croit au Fils échappe au jugement, car il est passé de la mort à la vie. Qu'il est grand, l'amour de Dieu pour les hommes ! Les justes de l'ancienne Loi ont mis de nombreuses années à devenir agréables à Dieu. Or, ce qu'ils ont obtenu par de longues années de sérieux labeur, voici que Jésus Christ t'en gratifie en un moment ! En effet, si tu crois que Jésus Christ est Seigneur et que Dieu l'a ressuscité des morts , tu seras sauvé et transporté dans le paradis par celui qui y fait entrer le malfaiteur. Ne doute pas que cela soit possible, car celui qui a sauvé, sur le saint Golgotha, le malfaiteur qui avait cru en un moment, celui-là même te sauvera quand tu auras cru.
Il y a un deuxième genre de foi : celui qui nous est donné par le Christ à titre purement gracieux. À celui-ci est donné, grâce à l'Esprit, le langage de la sagesse de Dieu, à un autre, toujours grâce à l'Esprit, le langage de la connaissance de Dieu ; un autre reçoit, dans l'Esprit, le don de la foi, un autre encore, des pouvoirs de guérison.
Cette foi qui est conférée par l'Esprit à titre gracieux n'est pas seulement dogmatique ; elle réalise ce qui est au-delà des forces humaines. Celui qui possède une telle foi, dira à cette montagne : Passe d'ici là-bas, et elle y passera. Quand quelqu'un dira même cela avec foi, croyant que cela se fera, sans hésiter dans son cœur , alors il recevra la grâce du miracle.
C'est au sujet de cette foi qu'il est dit : Si vous avez de la foi gros comme un grain de moutarde. En effet un grain de moutarde est tout petit, mais brûlant d'énergie ; semé dans un étroit espace, il étend de grands rameaux si bien, qu'après avoir grandi, il peut même offrir de l'ombre aux oiseaux. De même la foi, dans une âme, accomplit les plus grandes choses en un petit moment. L'âme en effet, quand elle est éclairée par la foi, se représente Dieu et le contemple autant qu'elle en est capable. Elle embrasse les limites de l'univers et, avant la fin des temps, elle voit déjà le jugement et l'accomplissement des promesses.
Toi, donc, possède cette foi qui dépend de toi et qui te porte vers lui ; alors tu recevras de lui cette foi qui agit au-delà des forces humaines.
R/ Ressuscités avec le Christ,
cherchons les choses d'en haut.
Vous qui êtes baptisés dans le Christ,
vous avez revêtu le Christ.
Revêtez l'homme nouveau, créé selon Dieu,
dans la justice et la sainteté de la vérité.
ORAISON (qui est omise si l'office des lectures est dit immédiatement avant un autre office)
Tu as voulu, Seigneur Dieu,
que par la grâce de l'adoption filiale,
nous devenions des enfants de lumière ;
ne permets pas que nous soyons enveloppés des ténèbres de l'erreur,
mais accorde-nous d'être toujours rayonnants
dans la splendeur de ta vérité.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
ACCLAMATION (dans la célébration privée on peut l'omettre)
V/ Bénissons le Seigneur.
R/ Nous rendons grâce à Dieu.