Liturgie › Liturgie des Heures
30e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE
(23/X — 04/XI)
Dédicace
Lectures
OFFICE DES LECTURES
Si ce n'est pas le premier office du jour :
V/ Dieu, viens à mon aide.
R/ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
HYMNE (qui peut être remplacée par l'hymne de l'office dit immédiatement après l'office des lectures)
Jésus Christ, pierre angulaire
Méprisé des bâtisseurs,
Mais unique aux yeux du Père,
Nous chantons notre bonheur
D'être en toi pierres vivantes
Édifiées dans ta maison :
Mystérieuse communion
Que l'amour fonde et cimente.
De ces vies que la souffrance
A taillées et martelées,
De ces pierres où l'espérance
A gravé sa nouveauté,
Tu construis le sanctuaire
Où réside l'Esprit Saint,
Et l'Église est le témoin
Du salut pour notre terre.
Jésus Christ, pierre de fête,
Où convergent à l'infini
Et s'embrassent tous les êtres
Que déjà l'amour unit,
L'Esprit Saint à ta louange
De ces pierres tire un chant
Qui jaillit secrètement
Et s'accorde aux voix des anges. ☆
PSAUME 23
Ant. Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire !
1 Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
2 C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.
3 Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
4 L'homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles
(et ne dit pas de faux serments).
5 Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
6 Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !
7 Portes, levez vos frontons, +
élevez-vous, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !
8 Qui est ce roi de gloire ? +
C'est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.
9 Portes, levez vos frontons, +
levez-les, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !
10 Qui donc est ce roi de gloire ? +
C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ;
c'est lui, le roi de gloire.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire !
PSAUME 83
Ant. Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter encore !
2 De quel amour sont aimées tes demeures,
Seigneur, Dieu de l’univers !
3 Mon âme s’épuise à désirer
les parvis du Seigneur ; *
mon cœur et ma chair sont un cri
vers le Dieu vivant !
4 L’oiseau lui-même s’est trouvé une maison,
et l’hirondelle, un nid pour abriter sa couvée :
tes autels, Seigneur de l’univers,
mon Roi et mon Dieu !
5 Heureux les habitants de ta maison :
ils pourront te chanter encore !
6 Heureux les hommes dont tu es la force :
des chemins s’ouvrent dans leur cœur !
7 Quand ils traversent la vallée de la soif,
ils la changent en source ; *
de quelles bénédictions la revêtent
les pluies de printemps !
8 Ils vont de hauteur en hauteur,
ils se présentent devant Dieu à Sion.
9 Seigneur, Dieu de l’univers, entends ma prière ;
écoute, Dieu de Jacob.
10 Dieu, vois notre bouclier,
regarde le visage de ton messie.
11 Oui, un jour dans tes parvis
en vaut plus que mille.
J’ai choisi de me tenir sur le seuil,
dans la maison de mon Dieu, *
plutôt que d’habiter
parmi les infidèles.
12 Le Seigneur Dieu est un soleil,
il est un bouclier ; *
le Seigneur donne la grâce,
il donne la gloire.
Jamais il ne refuse le bonheur
à ceux qui vont sans reproche.
13 Seigneur, Dieu de l’univers,
heureux qui espère en toi !
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter encore !
PSAUME 86
Ant. Cité sainte, notre Mère, tu descends du ciel d'auprès de Dieu.
1 Elle est fondée sur les montagnes saintes. +
2 Le Seigneur aime les portes de Sion *
plus que toutes les demeures de Jacob.
3 Pour ta gloire on parle de toi,
ville de Dieu ! *
4 « Je cite l’Égypte et Babylone
entre celles qui me connaissent. »
Voyez Tyr, la Philistie, l’Éthiopie :
chacune est née là-bas. *
5 Mais on appelle Sion : « Ma mère ! »
car en elle, tout homme est né.
C’est lui, le Très-Haut, qui la maintient. +
6 Au registre des peuples, le Seigneur écrit :
« Chacun est né là-bas. » *
7 Tous ensemble ils dansent, et ils chantent :
« En toi, toutes nos sources ! »
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. Cité sainte, notre Mère, tu descends du ciel d'auprès de Dieu.
V/ Vers ton temple saint, je me prosterne,
je crains et j'adore.
DE LA 1re LETTRE DE PIERRE 2, 1-17
La pierre vivante et la nation sainte
Rejetez toute méchanceté, toute ruse, les hypocrisies, les jalousies et toutes les médisances ; comme des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait non dénaturé de la Parole qui vous fera grandir pour arriver au salut, puisque vous avez goûté combien le Seigneur est bon. Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. En effet, il y a ceci dans l’Écriture : Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte . Ainsi donc, honneur à vous les croyants, mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, une pierre d’achoppement, un rocher sur lequel on trébuche. Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver. Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Autrefois vous n’étiez pas un peuple, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu ; vous n’aviez pas obtenu miséricorde, mais maintenant vous avez obtenu miséricorde.
Bien-aimés, puisque vous êtes comme des étrangers résidents ou de passage, je vous exhorte à vous abstenir des convoitises nées de la chair, qui combattent contre l’âme. Ayez une belle conduite parmi les gens des nations ; ainsi, sur le point même où ils disent du mal de vous en vous traitant de malfaiteurs, ils ouvriront les yeux devant vos belles actions et rendront gloire à Dieu, le jour de sa visite.
Soyez soumis à toute institution humaine à cause du Seigneur, soit à l’empereur, qui est le souverain, soit aux gouverneurs, qui sont ses délégués pour punir les malfaiteurs et reconnaître les mérites des gens de bien. Car la volonté de Dieu, c’est qu’en faisant le bien, vous fermiez la bouche aux insensés qui parlent sans savoir. Soyez des hommes libres, sans toutefois utiliser la liberté pour voiler votre méchanceté : mais soyez plutôt les esclaves de Dieu. Honorez tout le monde, aimez la communauté des frères, craignez Dieu, honorez l’empereur.
R/ De ta demeure de sainteté,
regarde et bénis ton peuple.
Vous êtes un peuple acquis pour annoncer les louanges
de celui qui vous a appelés des ténèbres
à son admirable lumière.
Jadis vous n'étiez pas un peuple,
vous êtes maintenant le peuple de Dieu. r
2e LECTURE, au choix
HOMÉLIE D'ORIGÈNE SUR LE NOM DE JOSUÉ
Les chrétiens, pierres vivantes
Nous tous qui croyons en Jésus Christ, nous sommes appelés des pierres vivante, selon les parole de l'Écriture : Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le T emple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus.
Quand il s'agit de pierres de construction, nous savons qu'on veille à placer en premier dans les fondations les pierres les plus solides et les plus résistantes pour qu'on puisse leur confier et leur superposer le poids de l'édifice entier. ~ S'il s'agit de pierres vivantes, quelles sont les pierres placées dans les fondations ? Ce sont les Apôtres et les prophètes, suivant l'enseignement de saint Paul : Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c'est le Christ Jésus, notre Seigneur.
Pour vous préparer plus activement, vous qui m'écoutez, à la construction de cette édifice, pour être une des pierres les plus voisines du fondement, vous devez savoir que c'est le Christ lui-même qui est le fondement de cet édifice que nous décrivons. Ainsi l'affirme l'Apôtre Paul : Les fondations, personne ne peur en poser d'autres que celles qui existent déjà : ces fondations, c'est Jésus Christ . Heureux donc, ceux qui ont bâti des édifices saints sur un fondement aussi noble !
Mais, dans cet édifice qu'est l'Église, il faut aussi un autel. Aussi, je crois que tous ceux qui parmi vous, comme des pierres vivantes, sont capable de le devenir et son résolus à vaquer à la prière, à offrir à Dieu nuit et jour leurs implorations et à immoler les victimes de leurs supplications, c'est avec eux que Jésus bâtit son autel.
Considérez pourtant quel genre d'éloges on décerne aux pierres de l'autel. Comme l'avait prescrit Moïse, le législateur, dit l'Écriture, on construisit l'autel de pierres intactes que le fer n'avait pas touché . Que représentent ces pierres intactes ? ~ Ces pierres intactes et sans souillure pourraient être les saints Apôtres, qui ne forment tous qu'un seul autel, à cause de l'union de leurs âmes et de leurs cœurs. On nous rapporte, en effet, que d'un seul cœur ils participaient à la prière, et qu'en prenant la parole, ils disait : Toi, Seigneur, tu connais le cœur de tous les hommes.
Eux donc, qui pouvaient prier d'un seul cœur, d'une seule voix et d'un seul esprit, sont bien digne d'avoir à construire ensemble un autel unique, sur lequel Jésus offre le sacrifice à son Père.
Mais nous aussi, de notre côté, devons nous efforcer d'avoir tous un même langage, le même amour, les mêmes sentiments, de n'être jamais intrigants ni vantards, d'être en parfaite harmonie de pensées et de sentiments, afin d'essayer, nous aussi, de devenir des pierres pour l'autel.
R/ Mon cœur et ma chair sont un cri
vers le Dieu vivant !
Voici la demeure de Dieu avec les hommes :
il demeurera avec eux.
De quel amour j'aime ta demeure,
Dieu de l'univers !
ou
SERMONT DE SAINT AUGUSTIN POUR UNE DÉDICACE
« Le temple de Dieu, c'est vous »
La solennité qui nous réunit est la dédicace d'une maison de pierre. La maison de nos pierres, nous y sommes ; la maison de Dieu, c'est nous-mêmes. Si la maison de Dieu, c'est nous-mêmes, nous sommes construits en ce monde, pour être consacrés à la fin du monde. L'édifice, ou plutôt sa construction, se fait dans la peine ; la dédicace se fait dans la joie.
Se qui c'est passé, quand s'élevait cette édifice, c'est ce qui se passe maintenant quand se réunissent ceux qui croient au Christ. Lorsque l'on croit, c'est comme lorsque l'on coupe du bois dans la forêt et que l'on taille des pierres dans la montagne ; lorsque les croyants sont catéchisés, baptisés, formés, c'est comme s'ils étaient sciés, ajustés, rabotés par le travail des charpentiers et des bâtisseurs.
Cependant, on ne fait la maison de Dieu que lorsque la charité vient tout assembler. Si ce bois et cette prière n'étaient pas réunis selon un certain plan, s'ils ne s'entrelaçaient pas de façon pacifique, s'ils ne s'aimaient pas, en quelque sorte, par cette assemblage, personne ne pourrait entrer ici. Enfin, quand tu vois dans un édifice les pierres et le bois bien assemblés, tu entres sans crainte, tu ne redoute pas qu'il s'écroule.
Le Christ Seigneur, parce qu'il voulait entrer et habiter en nous, disait, comme pour former son édifice : Je vous donne un commandement nouveau, c'est que vous vous aimiez les uns les autres. C'est un commandement , dit-il, que je vous donne . Vous étiez vieux, vous n'étiez pas une maison pour moi, vous étiez gisants, écroulés. Donc, pour sortir de votre ancien état, de votre ruine, aimez-vous les uns les autres.
Que votre charité considère encore ceci : cette maison est édifiée, comme il a été prédit et promis, dans le monde entier. En effet, quand on construisait la maison de Dieu après la captivité, on disait dans un psaume : Chantez au Seigneur un chant nouveau ; chantez au Seigneur, terre entière . On disait alors : un chant nouveau ; le Seigneur a dit : un commandement nouveau . Qu'est-ce qui caractérise le chant nouveau, sinon un amour nouveau ? Chanter est le fait de celui qui aime. Ce qui permet de chanter, c'est la ferveur d'un saint amour.
Ce que nous voyons réalisé ici physiquement avec les murs doit se réaliser spirituellement avec les âmes ; ce qui nous regardons ici accompli avec des pierres et du bois, doit s'accomplir dans vos corps, avec la grâce de Dieu.
Rendons grâce avant tout au Seigneur notre Dieu : les dons les meilleurs, les présents merveilleux viennent de lui. Célébrons sa bonté de tout l'élan de notre cœur. Pour que soit construite cette maison de pierre, il a éclairé les âmes de ses fidèles, il a éveillé leur ardeur, il leur a procuré de l'aide ; à ceux qui n'étaient pas encore décidés, il a inspiré la décision ; il a secondé les efforts de bonne volonté pour les faire aboutir. Et ainsi Dieu, qui produit chez les siens la volonté et l'achèvement parce qu'il veut notre bien, c'est lui qui a commencé tout cela, et c'est lui qui l'a achevé.
R/ Approchons-nous de la pierre vivante,
rejetée par les hommes, mais choisie par Dieu.
Montez à la montagne et rebâtissez ma maison,
dit le Seigneur,
j'y trouverai ma joie et ma gloire.
La gloire future de ce temple dépassera l'ancienne,
et dans ce lieu je donnerai la paix.
Vous-même, comme pierres vivantes,
entrez dans la construction de l'édifice spirituel.
R/ Approchons-nous de la pierre vivante,
rejetée par les hommes, mais choisie par Dieu.
HYMNE DE LOUANGE
(TE DEUM )
À toi Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
l’hymne de l’univers.
Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :
Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l'univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.
C'est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c'est toi que par le monde entier
l'Église annonce et reconnaît.
Dieu, nous t'adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.
Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n'as pas craint de prendre chair
dans le corps d'une vierge
pour libérer l'humanité captive.
Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.
Montre-toi le défenseur et l'ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.
Versets ad libitum
Sauve ton peuple, bénis cet héritage ;
veille sur lui, porte-le à jamais.
Je veux te bénir chaque jour,
louer ton Nom toujours et à jamais.
En ce jour, garde-nous sans péché ;
pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous.
Ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi.
ORAISON (qui est omise si l'office des lectures est dit immédiatement avant un autre office)
Dans l'église consacrée
Seigneur Dieu,
chaque année, tu fais revivre pour nous
le jour où cette église a été consacrée ;
écoute les prières de ton peuple :
fais que l'on te serve toujours en ce lieu
dans la pureté du cœur
et que nous obtenions ici la plénitude de la relemption.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
En dehors de l'église consacrée
Seigneur Dieu,
tu bâtis la demeure éternelle de ta gloire
avec des pierres vivantes et choisie ;
répands sur ton Église
l'abondance de la grâce que tu lui as donnée :
que le peuple de tes fidèles ne cesse de grandir
pour que s'édifie la Jérusalem céleste.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
ACCLAMATION (dans la célébration privée on peut l'omettre)
V/ Bénissons le Seigneur.
R/ Nous rendons grâce à Dieu.