Liturgie › Liturgie des Heures
29e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE
(16/X — 28/X)
Saints Jean de Brébeuf et Isaac Jogues
Lectures
OFFICE DES LECTURES
Si ce n'est pas le premier office du jour
V/ Dieu, viens à mon aide.
R/ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
HYMNE (qui peut être remplacée par l'hymne de l'office dit immédiatement après l'office des lectures)
Bienheureux le pauvre au seuil du festin :
Les palais de Dieu lui sont fraternels !
Bienheureux le monde où l'argent n'est rien :
Les trésors de Dieu seront éternels !
Bienheureux les yeux qui cherchent le jour :
La splendeur de Dieu demain brillera !
Bienheureux le cœur assoiffé d'amour :
L'océan de Dieu pour lui jaillira !
Bienheureux les cris au fond des prison :
La Cité de Dieu résonne de joie !
Bienheureux le sang des martyres sans nom :
Le jardin de Dieu fleurit de leur foi !
Bienheureux les bras ouverts au pardon :
La bonté de Dieu reçoit leur espoir !
Bienheureux l'enfant dans son abandon :
Car la main de Dieu ne peut décevoir !
Bienheureux le nom du juste opprimé :
La pitié de Dieu sera sans défaut !
Bienheureux le corps qui n'a pas compté :
Car l'amour de Dieu veille à son repos !
PSAUMES et LECTURE BIBLIQUE de la férie: Lundi | Mardi | Mercredi
LECTURE PATRISTIQUE
CARNET SPIRITUEL DE SAINT JEAN DE BRÉBEUF
Continuellement, pendant deux jours, j'ai ressenti un grand amour du martyre, et j'ai désiré supporter tous les supplices que les martyrs ont soufferts.
Mon Seigneur, mon Sauveur Jésus, que puis-je te rendre pour tous les bienfaits dont tu m'as prévenu ? Je prendrai de ta main la coupe de tes douleurs, et j'invoquerai ton nom. J'en fais vœu devant ton Père éternel et l'Esprit Saint, devant ta très sainte Mère et son époux très chaste, devant les anges, les Apôtres et les martyrs, devant mon père saint Ignace, et saint François Xavier. Oui, je t'en fais le vœu, mon Sauveur Jésus : jamais, autant qu'il dépendra de moi, je ne me déroberai à la grâce du martyre, si un jour, dans ton infinie miséricorde, tu dois me la proposer, à moi, ton indigne serviteur.
Je m'oblige donc, pour tout le temps qui me reste à vivre, à ne jamais vouloir, comme si c'était libre ou permis, éviter de mourir ou de verser mon sang, sauf si j'estimais qu'il est plus conforme à ta gloire, à ce moment-là, d'agir autrement. Bien plus, je m'engage, lorsque je recevrai le coup de la mort, à le recevoir de ta main avec beaucoup de contentement spirituel et d'allégresse. Par conséquent, mon Jésus que je veux aimer, par la vive joie dont je suis animé, dès maintenant je t'offre mon sang, mon corps et ma vie. Je ne veux mourir que pour toi, si tu m'en donne la grâce, puisque tu as daigné mourir pour moi. Fais-moi vivre de telle sorte que tu m'accordes le don de mourir d'une façon si avantageuse. Oui, mon Dieu et mon Sauveur, je prendrai de ta main la coupe de tes souffrances, et j'invoquerai ton nom : Jésus, Jésus, Jésus !
Mon Dieu, comme je souffre de ce que tu ne sois pas connu, de ce que cette région barbare ne soit pas encore tout entière convertie à toi, de ce que le péché n'en soit pas encore expulsé ! Assurément, mon Dieu, si tous les châtiments, aggravés par de cruels supplices, qui sont infligés aux prisonniers dans cette région, devaient tomber sur moi, je m'offre à eux de grand cœur pour être seul à les souffrir.
ou, au Canada :
LETTRE DE SAINT ISAAC JOGUES
Après huit années passées au milieu des tribus huronnes et iroquoises, après avoir enduré de terribles tortures, Isaac Jogues écrit :
Si je suis barbare par les coutumes et le vêtement, bien plus si je suis presque sans Dieu dans une vie si agitée, cependant je veux mourir comme j'ai vécu en fils de la très saint Église romaine et de la Compagnie. ~ Je mène une vie vraiment misérable dans laquelle toutes les vertus sont en danger. La foi, certes, dans si épaisses ténèbres de l'infidélité ; l'espérance, dans de si longues et dures épreuves ; la charité dans une si grande corruption et l'absence de tout sacrement ; la chasteté, bien qu'elle ne soit pas ici beaucoup menacée par les plaisirs, est cependant menacée par la cohabitation.
Jogues rentre en France. Ses mains son mutilées, tout son corps porte les marques de la torture. L'amour des Iroquois qui ne connaissent pas Dieu l'emporte sur l'appréhension à la pensée de nouvelles souffrances. Il sera martyrisé peu de temps après avoir écrit la lettre suivante :
Quand commencerai-je à servir et à aimer celui qui n'a jamais commencé à nous aimer ; et quand commencerai-je à me donner totalement à celui qui s'est donné à moi sans réserve ? Quoique je sois extrêmement misérable et que j'ai fait un mauvais usage des grâces que Notre Seigneur m'a faite en ce pays, je ne perd pas courage, puisqu'il prend le soin de me rendre meilleur, me fournissant encore de nouvelles occasions de mourir à moi-même et de m'unir inséparablement à lui.
Mon espérance est en Dieu, qui n'a que faire de nous pour l'exécution de ses desseins. C'est à nous de tâcher de lui être fidèles et de ne pas gâter son ouvrage par nos lâchetés. J'espère que vous m'obtiendrez cette faveur de Notre Seigneur et qu'après avoir mené une vie si lâche jusqu'à maintenant, je commencerai à le mieux servir.
Le cœur me dit que, si j'ai le bien d'être employé en cette mission, j'irai et je ne reviendrai pas, mais je serai heureux si Notre Seigneur voulait achever le sacrifice où il l'a commencé, et que ce peu de sang que j'ai répandu en cette terre fût comme les arrhes de celui que je lui donnerais de toutes les veines de mon corps et de mon cœur.
Enfin, se peuple-là est pour moi un époux de sang, je me suis fiancé à lui par mon sang. Notre bon maître, qui se l'est acquis par son sang, lui ouvre, s'il lui plaît, la porte de son Évangile comme aussi à quatre nation, ses alliées, qui sont proches de lui. À Dieu, mon cher Père, priez-le qu'il m'unisse inséparablement à lui.
R/ À toi seul, Fils du vrai Dieu,
la gloire et la louange.
Qui se déclarera pour moi devant les hommes,
je me déclarerai pour lui devant mon Père.
Qui aura tenu bon jusqu'à la fin,
je lui donnerai la vie éternelle.
ORAISON
en dehors du Canada :
Seigneur Dieu,
tu as voulu manifester
la bienheureuse espérance du Royaume éternel
par l'action missionnaire et le sang versé de tes martyres,
saints Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et leurs compagnons ;
à leur intercession, donne aux chrétiens
une foi qui s'affermisse de jour en jour.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
au Canada :
Tu as voulu, Seigneur Dieu,
que la parole et le sang de tes saints martyrs,
Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et leurs compagnons,
sanctifient les débuts de l'Église en Amérique du Nord ;
fais que se lève partout, à leur prière,
une moisson de chrétiens chaque jour plus abondante.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
ACCLAMATION (dans la récitation privée on peut l'omettre)
V/ Bénissons le Seigneur.
R/ Nous rendons grâce à Dieu.