Liturgie › Liturgie des Heures
24e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE
(11/IX — 23/IX)
Bienheureuse Vierge Marie des Douleurs
Lectures
OFFICE DES LECTURES
Si ce n'est pas le premier office du jour
V/ Dieu, viens à mon aide.
R/ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
Notre-Dame des Douleurs
HYMNE de Lectures
Entendez-vous tous ces cœurs battre,
Comme s'ils n'étaient que d'un corps,
D'un glas navrant dans sa tristesse :
L'Église pleurant son Christ mort !
Regardez-la qui le regarde :
Celui qu'elle aimait n'est-il plus ?
Avant d'avoir touché ses lèvres,
Est-elle veuve de Jésus ?
Les yeux qu'elle adorait se ferment,
Le dernier soupir est lâché !
Elle était vaine, la promesse
De ne jamais l'abandonner !
Console-toi, fille des hommes,
Dans sa mort ton Christ te rejoint :
Si tu voyais au sein du Père,
Tu verrais son Fils dans le tien.
Il reprend tout de vie nouvelle,
Il reprend tout, même la mort !
Et toi, tu vas au long des siècles
Lui former vraiment tout son corps.
Entendez-vous tant de cœurs battre,
Comme s'il n'était qu'un sonneur ?
Pour un tel chant de l'espérance :
L'Église recevant son cœur ! ☆
PSAUMES et LECTURE BIBLIQUE de la férie : Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi
LECTURE PATRISTIQUE
HOMÉLIE DE SAINT BERNARD POUR LE DIMANCHE APRÈS L'ASSOMPTION
Le martyre de la Vierge nous est connu tant par la prophétie de Siméon que par le récit
même de la Passion du Seigneur. De l'enfant Jésus, ce vieillard disait : Il sera un signe de division ; et toi, disait-il à Marie, une épée transpercera ton âme.
Oui, Mère bénie, un glaive a transpercé ton âme : il n'aurait pu, sans transpercer celleci, pénétrer dans la chair du Fils. C'est vrai : ce Jésus qui est le tien — qui est à tous, certes, mais à toi tout particulièrement —, après avoir remis son esprit, ne fut pas atteint dans son âme par la lance meurtrière sans épargner un mort, auquel elle ne pouvait pourtant plus faire de mal, elle lui ouvrit le côté ; mais c'est ton âme qu'elle transperça. La sienne assurément n'était plus là mais la tienne ne pouvait s'enfuir. Ton âme, c'est la force de douleur qui l'a transpercée, aussi pouvons-nous très justement te proclamer plus que martyre, puisque ta souffrance de compassion aura certainement dépassé la souffrance qu'on peut ressentir physiquement.
N'a-t-elle pas été plus qu'une épée pour toi, n'a-t-elle pas percé ton âme et atteint jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, cette parole : Femme, voilà ton fils ? Ô quel échange ! Jean t'est donné en lieu et place de Jésus, le serviteur à la place du Seigneur, le disciple au lieu du Maître, le fils de Zébédée à la place du Fils de Dieu, un simple homme au lieu du vrai Dieu. Comment l'écoute de cette parole ne transpercerait-elle pas ton âme pleine d'affection, quand le seul souvenir de cette parole brise déjà nos cœurs, qui sont pourtant de roc et de fer ? Ne vous étonnez pas, frères, qu'on puisse dire de Marie qu'elle a été martyre dans son âme. S'en étonnerait celui qui aurait oublié comment Paul mentionne, parmi les fautes les plus graves des païens, le fait qu'ils ont été sans affection. Un tel péché était bien loin du cœur de Marie ; qu'il le soit aussi de ses modestes serviteurs.
Mais on dira peut-être : ne savait-elle pas d'avance qu'il devait mourir ? — Sans nul doute. N'espérait-elle pas qu'il ressusciterait aussitôt ? — Oui, assurément. Et malgré cela elle souffrit de le voir crucifié ? — Oui, et violemment. Qui donc es-tu, frère, et d'où vient ta sagesse, pour que tu puisses t’étonner davantage de la compassion de Marie que de la passion du fils de Marie ? Lui a pu mourir dans son corps, et elle, n'aurait-elle pas pu mourir avec lui dans son cœur ? Voilà (dans la passion du Christ) ce qu'a accompli une charité telle que personne n'en a éprouvé de plus grande ; et voici (dans la compassion de Marie) ce qu'a accompli une charité qui, après celle de Jésus, n'a pas son pareil.
R/ Tu es la gloire de notre peuple,
Vierge Marie !
Ton nom sera, de par Dieu, pour toujours ;
« Celle qui a trouvé grâce devant lui ».
Lève-toi, tiens-toi sur la hauteur,
debout près de la croix !
Vois tes enfants, du levant au couchant rassemblés,
car ton Fils attire tout à lui !
ORAISON (qui est omise si l'office des lectures est dit immédiatement avant un autre office)
Seigneur Dieu,
quand ton Fils fut élevé sur la croix,
tu as voulu que sa Mère, remplie de compassion,
se tienne debout auprès de lui :
accorde à ton Église
de s’unir, elle aussi, à la passion du Christ,
afin d’avoir part à sa résurrection.
Lui qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
ACCLAMATION (dans la célébration privée on peut l'omettre)
V/ Bénissons le Seigneur.
R/ Nous rendons grâce à Dieu.