Liturgie › Liturgie des Heures

15e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE

(10/VII — 22/VII)

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Saint Benoît

Lectures

OFFICE DES LECTURES

Si ce n'est pas le premier office du jour

V/ Dieu, viens à mon aide.

R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,

pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

HYMNE

Vivre à Dieu seul
Et se tenir en sa présence,

Tout quitter pour atteindre la paix,

Choisir le silence

Pour saisir la Parole,

Pour être ce disciple aux aguets

D'un mot, d'un ordre.

Fuir au désert

Mais rassembler dans la louange,

Consentir à toujours commencer,

Traduire en patience

Le désir du Royaume ;

Pouvoir être trahi sans cesser

De croire aux hommes.

Voir l'univers

A sa mesure véritable,

L'univers comme un point lumineux,

Léger grain de sable

Que l'Amour transfigure ;

Savoir que toute chose est en Dieu

Précieuse et pure.

Craindre sans peur

Dans l'abandon de tout son être,

N'avoir rien de plus cher que le Christ,

Servir le seul Maître

Dont le joug rende libre :

Ainsi dans la douceur de l'Esprit,

Benoît se livre.

PSAUME 20

Ant. La vie qu'il demandait, tu la lui donnes, de longs jours, une vie sans fin.

2 Seigneur, le roi se réjouit de ta force ;
quelle allégresse lui donne ta victoire !

3 Tu as répondu au désir de son cœur,
tu n'as pas rejeté le souhait de ses lèvres.

4 Tu lui destines bénédictions et bienfaits,
tu mets sur sa tête une couronne d'or.

5 La vie qu'il t'a demandée, tu la lui donnes,
de longs jours, des années sans fin.

6 Par ta victoire, grandit son éclat :
tu le revêts de splendeur et de gloire.

7 Tu mets en lui ta bénédiction pour toujours :
ta présence l'emplit de joie !

8 Oui, le roi s'appuie sur le Seigneur :
la grâce du Très-Haut le rend inébranlable.

14 Dresse-toi, Seigneur, dans ta force :
nous fêterons, nous chanterons ta vaillance.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.

Ant. La vie qu'il demandait, tu la lui donnes, de longs jours, une vie sans fin.

PSAUME 91

I

Ant. Dieu nous a établis pour porter du fruit, et un fruit qui demeure.

2 Qu'il est bon de rendre grâce au Seigneur,
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,

3 d'annoncer dès le matin ton amour,
ta fidélité, au long des nuits,

4 sur la lyre à dix cordes et sur la harpe,
sur un murmure de cithare.

5 Tes œuvres me comblent de joie ;
devant l'ouvrage de tes mains, je m'écrie :

6 « Que tes œuvres sont grandes, Seigneur !
Combien sont profondes tes pensées ! »

7 L'homme borné ne le sait pas,
l'insensé ne peut le comprendre :

8 les impies croissent comme l'herbe, *
ils fleurissent, ceux qui font le mal,

mais pour disparaître à tout jamais.

9 Toi, qui habites là-haut,
tu es pour toujours le Seigneur.

10 Vois tes ennemis, Seigneur,
vois tes ennemis qui périssent, *

et la déroute de ceux qui font le mal.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.

Ant. Dieu nous a établis pour porter du fruit, et un fruit qui demeure.

II

Ant. Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre au Liban.

11 Tu me donnes la fougue du taureau,
tu me baignes d'huile nouvelle ;

12 j'ai vu, j'ai repéré mes espions,
j'entends ceux qui viennent m'attaquer.

13 Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;

14 planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.

15 Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur

16 pour annoncer : « Le Seigneur est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! »

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.

Ant. Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre au Liban.

V/ Le Seigneur conduit le juste par des voies droites.
Il lui montre le Royaume de Dieu.

DE LA LETTRE AUX COLOSSIENS 3, 1-17

Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu

Frères : Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.

Faites donc mourir en vous ce qui n’appartient qu’à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais, et cette soif de posséder, qui est une idolâtrie. Voilà ce qui provoque la colère de Dieu contre ceux qui lui désobéissent, voilà quelle était votre conduite autrefois lorsque, vous aussi, vous viviez dans ces désordres. Mais maintenant, vous aussi, débarrassez-vous de tout cela : colère, emportement, méchanceté, insultes, propos grossiers sortis de votre bouche.

Plus de mensonge entre vous : vous vous êtes débarrassés de l’homme ancien qui était en vous et de ses façons d’agir, et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau qui, pour se conformer à l’image de son Créateur, se renouvelle sans cesse en vue de la pleine connaissance. Ainsi, il n’y a plus le païen et le Juif, le circoncis et l’incirconcis, il n’y a plus le barbare ou le primitif, l’esclave et l’homme libre ; mais il y a le Christ : il est tout, et en tous. Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience.

Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur vous a pardonné : faites de même. Par-dessus tout cela, ayez l’amour, qui est le lien le plus parfait. Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés, vous qui formez un seul corps. Vivez dans l’action de grâce. Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres en toute sagesse ; par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés, chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance. Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père.

R/ Ressuscités avec le Christ,
cherchons les choses d'en-haut.

Vous qui êtes baptisés dans le Christ,

vous avez revêtu le Christ.

Revêtez l'homme nouveau, crée selon Dieu

dans la justice et la sainteté de la vérité.

LECTURE PATRISTIQUE

PROLOGUE DE LA RÈGLE DE SAINT BENOÎT

Avant tout, demande à Dieu par une très instante prière qu’il mène à bonne fin tout bien que tu entreprends. Ainsi, celui qui a déjà daigné nous admettre au nombre de ses enfants n’aura pas sujet, un jour, de s’affliger de notre mauvaise conduite. Car, en tout temps, il faut avoir un tel soin d’employer à son service les biens qu’il a mis en nous, que non seulement il n’ait pas lieu, comme un père offensé, de priver ses fils de leur héritage, mais encore qu’il ne soit pas obligé, comme un maître redoutable et irrité de nos méfaits, de nous livrer à la punition éternelle, tels de très mauvais serviteurs qui n’auraient pas voulu le suivre pour entrer dans la gloire.

Levons-nous donc enfin, l’Écriture nous y invite : L’heure est venue , dit-elle, de sortir de notre sommeil . Ouvrons les yeux à la lumière qui divinise. Ayons les oreilles attentives à l’avertissement que Dieu nous adresse chaque jour : Si vous entendez aujourd’hui sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs , et ailleurs : Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises . Et que dit-il ? Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Courez, pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent.

Le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la multitude du peuple à laquelle il fait entendre ces appels, dit encore : Quel est celui qui désire la vie et souhaite voir des jours heureux ? Que si, à cette demande, tu lui réponds : « C’est moi », Dieu te réplique : Si tu veux jouir de la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et tes lèvres de toute parole trompeuse ; détourne-toi du mal et fais le bien ; recherche la paix et poursuis-la. Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux veilleront sur vous et mes oreilles seront attentives à vos prières, et avant même que vous ne m’invoquiez, je vous dirai : Me voici. Quoi de plus doux, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie.

Ceignons donc nos reins par la foi et la pratique des bonnes œuvres ; sous la conduite de l’Évangile, avançons sur ses chemins, afin de mériter de voir un jour celui qui nous a appelés dans son royaume. Si nous voulons habiter dans le tabernacle de ce royaume, sachons qu’on n’y parvient que si l’on y court par les bonnes actions. ~ Comme il y a un zèle amer, mauvais, qui sépare de Dieu et conduit en enfer, de même il y a un bon zèle qui éloigne des vices, et conduit à Dieu et à la vie éternelle. C’est ce zèle que les moines doivent pratiquer avec une ardente charité, c’est-à-dire : ils s’honoreront mutuellement de leurs prévenances ; ils supporteront très patiemment les infirmités d’autrui, tant celles du corps que celles de l’esprit ; ils s’obéiront à l’envi les uns aux autres ; nul ne recherchera ce qu’il juge utile pour soi, mais bien plutôt ce qui l’est pour autrui ; ils se rendront chastement les devoirs de la charité fraternelle ; ils auront pour Dieu une crainte inspirée par l’amour ; ils auront pour leur abbé un amour humble et sincère ; ils ne préféreront absolument rien au Christ, qui veut nous conduire tous ensemble à la vie éternelle.

Aujourd’hui le Seigneur nous appelle, Stance
il cherche son disciple ;

une voix crie : « Écoute, fils,

prête l’oreille de ton cœur,

l’heure est venue de marcher vers la vie ».

R/ Dieu nous attend, pressons le pas
sur le chemin de l’Évangile.

Rude est la montée vers la lumière,

étroite, la porte du Royaume.

Humblement, par la patience,

tu entreras dans le mystère de la Pâque.

Dans la douceur de l’amour,

tu avanceras, le cœur libéré. ☆

(ORAISON)

À la fête

HYMNE DE LOUANGE

(TE DEUM )

À toi Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons, tu es Seigneur !

À toi Père éternel,

L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,

les anges et les esprits des cieux ;

ils te rendent grâce ;

ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,

Dieu de l'univers ;

le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C'est toi que les Apôtres glorifient,

toi que proclament les prophètes,

toi dont témoignent les martyrs ;

c'est toi que par le monde entier

l'Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t'adorons :

Père infiniment saint,

Fils éternel et bien-aimé,

Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,

le Seigneur de la gloire,

tu n'as pas craint de prendre chair

dans le corps d'une vierge

pour libérer l'humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,

tu as ouvert à tout croyant

les portes du Royaume ;

tu règnes à la droite du Père ;

tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l'ami

des hommes sauvés par ton sang :

prends-les avec tous les saints

dans ta joie et dans ta lumière.

Versets ad libitum

Sauve ton peuple, bénis cet héritage ;
veille sur lui, porte-le à jamais.

Je veux te bénir chaque jour,

louer ton Nom toujours et à jamais.

En ce jour, garde-nous sans péché ;

pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous.

Ton amour, Seigneur, soit sur nous,

comme notre espoir est en toi. r

ORAISON

Seigneur Dieu,
tu as fait du bienheureux abbé Benoît

un maître spirituel remarquable

pour ceux qui se mettent à l'école de ton service ;

accorde-nous de ne rien préférer à ton amour

et de courir, le cœur dilaté,

dans la voie de tes commandements.

Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,

qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,

Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.

Aux textes du commun des saints (religieux), ou de la férie : Lundi