Office des lectures
jeudi 4 juin 2026 — France · Jeudi
OFFICE DES LECTURES
Si ce n'est pas le premier office du jour
V/ Dieu, viens à mon aide.
R/ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
HYMNE (qui peut être remplacée par l'hymne de l'office dit immédiatement après l'office des lectures)
En toute vie le silence dit Dieu,
Tout ce qui est tressaille d'être à lui !
Soyez la voix du silence en travail,
Couvez la vie, c'est elle qui loue Dieu !
Pas un seul mot, et pourtant c'est son Nom
Que tout sécrète et presse de chanter :
N'avez-vous pas un monde immense en vous ?
Soyez son cri, et vous aurez tout dit.
Il suffit d'être, et vous vous entendrez
Rendre la grâce d'être et de bénir ;
Vous serez pris dans l'hymne d'univers,
Vous avez tout en vous pour adorer.
Car vous avez l'hiver et le printemps,
Vous êtes l'arbre en sommeil et en fleurs ;
Jouez pour Dieu des branches et du vent,
Jouez pour Dieu des racines cachées.
Arbres humains, jouez de vos oiseaux,
Jouez pour Lui des étoiles du ciel
Qui sans parole expriment la clarté ;
Jouez aussi des anges qui voient Dieu. ☆
PSALMODIE
Ps. 17. Le Seigneur déploie sa puissance de Sauveur
Ayez confiance : je suis vainqueur du monde. Jn 16, 33
IV
Ant. Ta parole, Seigneur, protège ton fidèle.
31 Ce Dieu a des chemins sans reproche, +
la parole du Seigneur est sans alliage,
il est un bouclier pour qui s'abrite en lui.
32 Qui est Dieu, hormis le Seigneur ?
le Rocher, sinon notre Dieu ?
33 C'est le Dieu qui m'emplit de vaillance
et m'indique un chemin sans reproche.
34 Il me donne l'agilité du chamois,
il me tient debout sur les hauteurs,
35 il exerce mes mains à combattre
et mon bras, à tendre l'arc.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. Ta parole, Seigneur, protège ton fidèle.
V
Ant. Pour le combat, tu m'emplis de vaillance.
36 Par ton bouclier tu m'assures la victoire,
ta droite me soutient, ta patience m'élève.
37 C'est toi qui allonges ma foulée
sans que faiblissent mes chevilles.
38 Je poursuis mes ennemis, je les rejoins,
je ne reviens qu'après leur défaite ;
39 je les abats : ils ne pourront se relever ;
ils tombent : les voilà sous mes pieds.
40 Pour le combat tu m'emplis de vaillance ;
devant moi tu fais plier mes agresseurs.
41 Tu me livres des ennemis en déroute ;
j'anéantis mes adversaires.
42 Ils appellent ? pas de sauveur !
le Seigneur ? pas de réponse !
43 J'en fais de la poussière pour le vent,
de la boue qu'on enlève des rues.
44 Tu me libères des querelles du peuple,
tu me places à la tête des nations.
Un peuple d'inconnus m'est asservi :
45 au premier mot, ils m'obéissent.
Ces fils d'étrangers se soumettent ; +
46 ces fils d'étrangers capitulent :
en tremblant ils quittent leurs bastions.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. Pour le combat, tu m'emplis de vaillance.
VI
Ant. Vive le Seigneur ! Béni soit le Dieu de ma victoire !
47 Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu'il triomphe, le Dieu de ma victoire,
48 ce Dieu qui m'accorde la revanche,
qui soumet à mon pouvoir les nations !
49 Tu me délivres de tous mes ennemis, +
tu me fais triompher de l'agresseur,
tu m'arraches à la violence de l'homme.
50 Aussi, je te rendrai grâce parmi les peuples,
Seigneur, je fêterai ton nom.
51 Il donne à son roi de grandes victoires, *
il se montre fidèle à son messie,
à David et sa descendance, pour toujours.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
pour les siècles des siècles. Amen.
Ant. Vive le Seigneur ! Béni soit le Dieu de ma victoire !
V/ Ouvre mes yeux à tes merveilles,
aux splendeurs de ta loi.
DU LIVRE DE JOB 38, 1-30
Enfin Dieu répond : il met Job au défi
Pour percer le mystère du mal, de la souffrance et de la mort, il faudrait connaître intimement le secret de l'univers. Job en était bien incapable, et Dieu le lui rappelle de toute sa hauteur. Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit : « Quel est celui-là qui obscurcit mes plans par des propos dénués de sens ? Ceins donc tes reins comme un homme. Je vais t’interroger, et tu m’instruiras.
Où étais-tu quand j’ai fondé la terre ? Indique-le, si tu possèdes la science ! Qui en a fixé les mesures ? Le sais-tu ? Qui sur elle a tendu le cordeau ? Sur quoi ses bases furentelles appuyées, et qui posa sa pierre angulaire tandis que chantaient ensemble les étoiles du matin et que tous les fils de Dieu criaient d’allégresse ? Qui donc a retenu la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein primordial ; quand je lui mis pour vêtement la nuée, en guise de langes le nuage sombre ; quand je lui imposai ma limite, et que je disposai verrou et portes ? Et je dis : “Tu viendras jusqu’ici ! tu n’iras pas plus loin, ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !”
As-tu, une seule fois dans ta vie, donné des ordres au matin, assigné son poste à l’aurore, pour qu’elle saisisse la terre aux quatre coins et en secoue les méchants ? La terre alors prend forme comme argile sous le sceau et se déploie tel un vêtement ; aux méchants est enlevée la lumière, et le bras qui se levait est brisé. Es-tu parvenu jusqu’aux sources de la mer, as-tu circulé au fond de l’abîme ? Les portes de la mort se sont-elles montrées à toi, les as-tu vues, les portes de l’ombre de mort ? As-tu réfléchi à l’immensité de la terre ? Raconte, si tu sais tout cela ! Quel chemin mène à la demeure de la lumière, et l’obscurité, quel est son lieu, pour que tu conduises chacune à son domaine et discernes les sentiers de sa maison ? Si tu le sais, alors tu étais né, et le nombre de tes jours est bien grand !
Es-tu parvenu aux réserves de neige, as-tu vu les réserves de grêle que j’ai ménagées pour le temps de détresse, pour le jour de combat et de guerre ? Par quel chemin se diffuse la lumière ? par où le vent d’est se répand-il sur terre ? Qui donc a creusé à l’ondée une rigole, une route à la nuée qui gronde, pour faire pleuvoir sur une terre sans homme, sur un désert sans nul être humain, pour abreuver les solitudes désolées et faire germer l’herbe de la steppe ? La pluie a-t-elle un père ? Qui donc a engendré les gouttelettes de rosée ? De quel ventre est sortie la glace, et le givre des cieux, qui l’enfanta ? Les eaux se condensent comme la pierre et la surface de l’abîme se fige.
R/ Le Père ne juge personne,
tout le jugement il a remis au Fils !
En ce jour-là, je ferai lever pour David
un germe de justice.
Son trône s'affermira dans la douceur,
son jugement s'établira dans la fidélité.
LECTURE PATRISTIQUE de la mémoire, ou du jour :
COMMENTAIRE DE SAINT GRÉGOIRE LE GRAND SUR LE LIVRE DE JOB
Nous sommes à l'aurore de la lumière parfaite
Parce que le point du jour, ou l'aurore, passe des ténèbres à la lumière, on a bien raison de désigner par ces noms toute l'Église des élus. C'est elle en effet qui est conduite de la nuit de l'incroyance à la lumière de la foi, et qui, pareille à l'aurore, s'ouvre au jour, après les ténèbres, dans le rayonnement de la lumière d'en haut. Le Cantique dit donc très bien : Qui est celle-ci, qui s'avance comme l'aurore à son lever ? En effet, la sainte Église, désirant les récompenses de la vie céleste, a été appelée aurore, puisque, en quittant les ténèbres des péchés, elle resplendit de la lumière de justice.
Mais on peut trouver une considération plus subtile dans cette comparaison avec le point du jour et l'aurore. Celle-ci, ou le point du jour, annoncent que la nuit est passée, mais ils ne font pas découvrir l'éclat du jour dans sa plénitude ; cependant, en chassant la nuit, ils accueillent le jour ; ils apportent une lumière toute mêlée de ténèbres. Nous tous, qui suivons la vérité, sommes-nous autre chose, en cette vie, qu'une aurore ? Car nous accomplissons déjà des actes qui relèvent de la lumière, et pourtant, sur certains points, bien des restes de ténèbres demeurent en nous. Le Seigneur l'a bien dit, par la bouche du Prophète : Aucun vivant n'est juste devant toi. Et il est encore écrit : Nous trébuchons tous, bien souvent. ~
Aussi, lorsque Paul disait : La nuit est bientôt finie , il n'ajoutait pas : Le jour est venu, mais : Le jour est tout proche. En effet, lorsqu'il suggère qu'après la fin de la nuit le jour n'est pas encore venu, mais qu'il approche, il montre qu'avec l'aurore on est après les ténèbres, mais encore avant le soleil.
L'Église parfaitement sainte des élus sera le plein jour, lorsqu'elle ne comportera plus le mélange d'aucune ombre de péché. Ce sera le plein jour, lorsque brillera en elle la ferveur parfaite de la lumière intérieure. ~ Il est donc très juste de montrer que l'aurore est encore comme en devenir, avec cette parole : As-tu fait connaître à l'aurore sa place ? Faire connaître sa place à quelqu'un, c'est en effet l'inviter à passer d'un endroit à un autre. Quelle est la place de l'aurore, sinon la pleine lumière de la vision éternelle ? Lorsqu'elle parvient à cette place, elle ne garde plus rien des ténèbres de la nuit écoulée. ~ L'aurore s'efforçait de rejoindre sa place, quand le Psalmiste disait : Mon âme a soif du Dieu vivant ; quand pourrai-je m'avancer, paraître devant la face de Dieu ? ~ L'aurore se hâtait de parvenir à cette place qu'elle connaissait, lorsque saint Paul disait avoir le désir de s'en aller pour être avec le Christ . Et encore : Pour moi, vivre, c'est le Christ, et mourir est un avantage.
R/ Ta rosée, Seigneur, est une rosée de lumière ;
la terre donnera aux ombres la vie.
Dans le chemin de tes jugements, nous t'espérions.
Ton nom et ta mémoire sont le désir de l'âme.
Les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu,
ceux qui l'auront entendue vivront !
ORAISON (qui est omise si l'office des lectures est dit immédiatement avant un autre office)
Sois proche, Seigneur, de ceux qui te servent
et montre à ceux qui t'implorent ton éternelle bonté ;
c'est leur fierté d'avoir en toi leur Créateur et leur Guide :
restaure pour eux ta création,
et l'ayant renouvelée, protège-la.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
ACCLAMATION (dans la célébration privée on peut l'omettre)
V/ Bénissons le Seigneur.
R/ Nous rendons grâce à Dieu.